Soutien au transport routier : 2,488 milliards en neuf mois, et votre coût au kilomètre ?
L'État a versé 2,488 milliards de DH aux transporteurs en neuf mois de 2026. Aides, TVA, renouvellement : pourquoi connaître son coût au km devient vital.

Le chiffre est tombé avec le projet de loi de finances 2027. De janvier à septembre 2026, l’État a versé 2,488 milliards de dirhams de soutien direct aux professionnels du transport routier de marchandises et de voyageurs. L’information vient du « Rapport sur la compensation » du ministère de l’Économie et des Finances, relayé par Hespress le 25 octobre 2026. Pour un gérant de flotte, cette aide soulage la trésorerie. Elle ne règle pas la question de fond : combien vous coûte réellement chaque kilomètre parcouru ?
Une aide réactivée sous la pression du gasoil
Le soutien exceptionnel a été relancé en 2026 à cause de la hausse du gasoil. Selon le même rapport, le Brent a coûté en moyenne environ 91 dollars le baril entre janvier et août 2026, contre 71 dollars un an plus tôt. À la pompe, le litre a dépassé 16 dirhams dans certaines stations.
L’aide a été versée par tranches. En août, par exemple, une tranche couvrait la période du 1er au 15 août, avec des demandes à déposer sur la plateforme mouakaba.transport.gov.ma, d’après Le360 (14 août 2026). La dernière tranche a été débloquée début octobre, avec un montant relevé.
Ce que réclament les transporteurs
Le soutien n’a pas suffi à calmer le secteur. Début septembre, près d’une vingtaine d’organisations du transport de marchandises pour compte d’autrui ont annoncé une grève illimitée à partir du 14 septembre. Hespress (8 septembre 2026) et Le360 (7 septembre 2026) détaillent leurs griefs.
Trois points reviennent :
- L’aide au gasoil, estimée à 0,50 dirham par litre, jugée trop faible. Les professionnels demandent un versement mensuel régulier.
- La TVA. Le secteur facture 10 % de TVA sur ses prestations mais paie 20 % sur ses achats. S’y ajoute une retenue à la source de 75 % de la TVA, qui bloque une partie de la trésorerie.
- Le renouvellement du parc. La prime à la casse est plafonnée à 170 000 dirhams, alors qu’un camion neuf dépasse 1,2 million de dirhams.
Ces sujets se négocient entre l’État et les fédérations. Le gérant, lui, peut agir sur un autre levier : la connaissance précise de ses propres coûts.
Pourquoi le coût au kilomètre compte plus que jamais
Quand le gasoil bouge tous les quinze jours, un tarif fixé en début d’année peut devenir déficitaire en quelques mois. Pour renégocier avec un chargeur, il faut des chiffres. Un « le gasoil a augmenté » ne pèse pas lourd face à un service achats.
Le coût au kilomètre se calcule simplement. On additionne le carburant, l’entretien, les pneus, l’assurance, l’amortissement et les salaires. On divise par les kilomètres parcourus. Le problème vient souvent du dénominateur. Beaucoup de flottes estiment les kilomètres à partir des bons de livraison ou des déclarations des chauffeurs. L’erreur se reporte ensuite sur tout le calcul.
Ce que le suivi GPS apporte au calcul
Un traceur GPS enregistre chaque trajet. Il fournit donc la donnée qui manque le plus souvent : les kilomètres réels, véhicule par véhicule et mois par mois.
Les kilomètres en charge et à vide. L’historique des trajets montre les retours à vide. Un camion qui rentre vide de Casablanca à Tanger coûte presque autant qu’à l’aller, sans rien rapporter. Repérer ces trajets aide à chercher du fret retour ou à revoir un tarif.
Les temps d’attente. Le traceur mesure la durée de chaque arrêt, avec son lieu. Deux heures d’attente chez un client, moteur parfois allumé, ont un coût. Avec l’historique, ce temps devient un argument chiffré dans une négociation.
Le ralenti moteur. Un moteur qui tourne à l’arrêt brûle du gasoil sans avancer. Les rapports de ralenti montrent quels véhicules et quels créneaux sont concernés.
Le carburant mesuré. Avec une sonde de niveau dans le réservoir, la plateforme rapproche les litres consommés des kilomètres parcourus. Vous obtenez la consommation réelle de chaque véhicule. Le Système Sécurité Carburant repose sur ce principe.
Décider du renouvellement avec des données
La prime à la casse est jugée insuffisante par les professionnels. Raison de plus pour bien choisir les camions à remplacer en premier.
Le suivi GPS donne des éléments concrets pour ce choix. Le kilométrage réel de chaque véhicule, ses heures moteur et sa consommation mesurée permettent de comparer les camions entre eux. Un véhicule qui consomme nettement plus que les autres sur des trajets comparables, ou qui accumule les immobilisations, remonte en haut de la liste. Le remplacement devient une décision argumentée.
Une méthode simple pour commencer
Fixer un indicateur unique. Le coût au kilomètre, calculé chaque mois pour chaque véhicule, suffit pour démarrer.
Prendre les kilomètres du GPS. Ils remplacent les estimations et fiabilisent tout le reste du calcul.
Comparer les véhicules. Les écarts entre camions d’une même flotte en disent souvent plus que les moyennes du secteur.
Garder l’historique. Il sert à renégocier, à justifier une hausse de tarif auprès d’un client, et à préparer les décisions de renouvellement.
Les rapports de trajets, d’arrêts et de consommation se consultent depuis la plateforme HTC Solutions.
Vous voulez connaître le coût réel de chaque camion de votre flotte ? Voir la solution transport et logistique.



